Voyage sur-mesure au Pérou, une spécialité Makila

Rencontre avec Muriel Teixeira, spécialiste de l’Amérique du Sud chez Makila Voyages depuis douze ans. Nous l’avons rencontrée quelques semaines après son voyage au Pérou.

Blog Makila Voyages (BMV) : Avant de nous raconter en détail votre magnifique escapade péruvienne, dites-nous quelques mots sur le Machu Picchu puisque c’est LA visite incontournable des Andes.

Muriel Teixeira (MT) : Plus encore que le côté historique et culturel de l’endroit, c’est son incroyable richesse scientifique qui m’a marquée. Le site est magique, vraiment très beau mais rien ne m’a plus impressionnée que leur savoir. Quand on écoute les guides, francophones et très précis, on comprend à quel point tout était laboratoire pour les incas.

Ils cherchaient, ils testaient, ils inventaient. Ils plantaient à différents niveaux pour la culture, à des écarts de 300 mètres d’altitude, ils procédaient à la mise en place de garde-manger dans la montagne. Ils ont probablement inventé d’innombrables variétés de fruits et légumes, c’est assez fou le nombre de variétés différentes de pommes de terre par exemple qu’on peut trouver sur les marchés. Des fruits et légumes dont on retrouve les saveurs, qui se sont un peu perdues dans notre société industrielle de consommation.

 

 

(photo Muriel Teixeira)

BMV : Lima, Arequipa, Cuzco et tellement d’étapes inoubliables, comment va le Pérou ?

MT : Il se porte comme un charme. Le voyage au Pérou offre une formidable diversité de paysages et pour les voyageurs, une hôtellerie remarquable. Ce qu’on appelle la grande saison débute en avril et se termine fin novembre. Il est possible d’y aller plus tard mais dans ce cas on ne va pas dans le canyon de Colca. Lima est une jolie capitale avec ses différents quartiers, bohèmes ou maritimes, des musées très présents et presque autant d’églises. Puis direction Arequipa où l’influence hispanique est manifeste. Lima, Arequipa et Cuzco ont été les principales étapes ce voyage sur-mesure au Pérou. Je suis aussi passée par Puno en allant vers le lac Titicaca, une petite ville festive.

BMV : Comment avez-vous géré l’altitude ?

MT : Lima est au niveau de la mer, Arequipa est à 2300 mètres et Colca culmine à 3500 mètres. Il faut voyager dans cet ordre là pour s’adapter tranquillement à l’altitude. A 3500 on sent le changement, la respiration est un peu plus difficile, mais on est très bien encadrés par les guides, on s’arrête souvent pour de petites étapes dans des bars où l’on prend des infusions, comme ce cocktail détonnant fait de coca, de munia, de chachacoma et de tola blanca. Un « vitamix » qui réunit une plante pour être en forme, une pour les problèmes digestifs, une autre pour le mal de l’altitude, bref l’antidote à tout.

Les visites se font à pied, à Lima et Arequipa, on vient vous chercher en voiture pour vous emmener d’un point à un autre. D’Arequipa au canyon de Colca c’est en voiture, et à l’intérieur du canyon c’est en voiture privative ou en bus. Nos guides se rappellent souvent de nos clients, certains sont exceptionnels comme cette guide à la culture incroyable dont un client m’avait parlé, je garde leurs coordonnées ce qui me permet d’affiner la sélection des guides.

BMV : Racontez-nous un souvenir particulier qui allie le luxe et l’aventure ?

MT : Le train à Cuzco. J’ai eu la chance de prendre un train de luxe Belmond Andean Explorer qui relie Puno à Cuzco c’est un de ces moments où le temps semble suspendu. On traverse des villages pittoresques et très vivants, des marchés colorés, les gens dehors nous saluent c’est vraiment chaleureux. Ce sont des prestations qui ont un coût mais elles laissent de belles empreintes. A l’extérieur du train c’est l’aventure, à l’intérieur c’est le luxe, tout confort, service et animations à bord sans défaut, c’est un grand plaisir.

(photo Perurail)

BMV : Qu’est-ce qui caractérise le voyage au Pérou par rapport à l’Argentine, au Chili, au Brésil, à l’Equateur ou aux Galapagos par exemple, des pays que vous avez souvent visités ?

MT : C’est très culturel. A chaque visite sur les sites Incas, les guides sont tellement pointus qu’ils vous font un briefing sur l’époque pré-inca et inca, quand vous arrivez sur un monument ils le situent immédiatement dans l’Histoire. Il est possible que les clients demandent à faire Arequipa sans guide par exemple, parce que ce qui est extrêmement intéressant pour certains clients peut sembler un peu long pour d’autres. Mais ce qu’on apprend est une formidable nourriture culturelle.

Avec des visites très riches comme le musée Larco Herrera à Lima, détenteur d’objets inestimables de la culture inca, ou ces maisons privées qui enferment tellement de secrets et qui ont gardé le parfum de l’Histoire. Les choix architecturaux très forts d’Arequipa par exemple, avec ces trois églises à l’histoire particulière, ou ces représentations religieuses étonnantes comme la Vierge, présentée enceinte avec Jésus dans ses bras, et d’autres signes qui remettent en cause certains piliers de la culture catholique. Les péruviens sont très fiers de leur patrimoine, il y a donc beaucoup de musées à visiter, dont des musées privés, au delà des incontournables sites incas.

C’est un vrai luxe de pouvoir découvrir cette vie locale sans aucun effet de foule, tout est plus authentique.

(photo Muriel Teixeira)

BML : Un voyage sur-mesure au Pérou, plutôt en catégorie luxe, laisse-t-il la place à l’authentique et à l’humain ?

MT : C’est justement le petit plus Makila. Si notre savoir-faire est dans le voyage de luxe sur-mesure pour particulier, notre connaissance du terrain et notre réseau sur place nous permettent de nous adapter à toutes les demandes. Nous savons aussi emmener nos clients dans une forme d’inconfort qui fait l’aventure. Quand je dis inconfort vous verrez que tout est relatif. Tout le monde vend les grands circuits classiques avec les îles Taquile ou Uros. Notre prestataire a trouvé une petite communauté avec laquelle il travaille, sur l’île de Ticonata et c’est vraiment hors du commun. Les habitants vous préparent le repas ancestral comme ils le font depuis des siècles.

Ils cuisent le poisson et la viande, recouverts, dans la terre et vous servent ce repas avec une fierté formidable dans des gamelles traditionnelles. Puis vous êtes transférés en bateau sur une autre île où il n’y a que de petites « casitas », construites par une communauté qui vit en face, et prévues pour recevoir des touristes. C’est une source de revenus essentielle. A l’extérieur il y a des petites cahutes et personne d’autre, seulement les gens transférés pour l’occasion. Il y avait ce jour-là deux couples de français qui étaient les seuls clients sur l’île. C’est un vrai luxe pour le coup de pouvoir découvrir cette vie locale sans aucun effet de foule, tout est plus authentique.

Mais il faut accepter de dormir dans des conditions particulières. On y mange très bien dans ce petit paradis culturel, mais dans les petites cahutes, vous avez deux lits individuels avec des matelas un peu durs, il n’y a pas de salle de bain et de sanitaires dans votre chambre donc vous devez aller à l’extérieur, c’est très propre mais c’est à l’extérieur, et sans eau chaude. C’est donc une espèce de parenthèse aventurière au cœur d’un voyage de luxe. Personnellement, j’ai adoré ce côté un peu spartiate qui était la condition pour vivre un moment péruvien rare. C’est le côté « Rendez-vous en terre inconnue » de ce voyage. Vous ne faites qu’une nuit dans ces conditions donc ce n’est pas insupportable.

A Arequipa, la célèbre momie Juanita a été découverte au pied d’un volcan, elle voyage régulièrement à travers le monde pour y être présentée en exposition, elle est formidablement conservée.

BMV : Racontez-nous les îles flottantes

MT : Le lendemain nous allons dans un endroit un peu plus touristique sur une île en face, avec déjeuner chez l’habitant, on change un peu de dimension, on passe de la cahute à la maison en dur avec terrasse et vue sur le lac c’est très sympa. Puis on reprend le bateau pour les îles Uros, on dit souvent que c’est très touristique mais j’ai été bluffée par l’endroit. Ils vous expliquent sur place comment ils construisent leurs îles. Parce que vous montez quand même sur un bout de terre qui flotte sur l’eau !

Ils font pousser ces longues tiges, entre canne à sucre et bambou, ils mettent du fil à l’intérieur pour bloquer la motte de terre, et puis ça grandit, ça grandit, ils montent leur petite maison dessus et ça tient comme si c’était de la terre ferme mais ça flotte ! C’est incroyable… Petite anecdote assez cocasse au vu de l’endroit, ils ont la parabole. C’est la seule aide de l’Etat pour les îles Uros. Cette architecture est vraiment impressionnante. Un archipel qui flotte. D’où ce nom d’îles flottantes. L’île où je suis allée n’était habitée que par les parents et les enfants, dans deux maisons voisines.

BMV : Que représentent les momies au Pérou ?

MT : Une part importante de leur culture. A Arequipa, la célèbre momie Juanita a été découverte au pied d’un volcan, elle voyage régulièrement à travers le monde pour y être présentée en exposition, elle est formidablement conservée. Quand vous allez sur l’île, on vous ouvre une petite baraque, seul le patron a la clé, sur les murs des photos d’ancêtres, et autour, quelques globes qui enferment des momies elles aussi extrêmement bien conservées, trouvées sur l’île, uniquement des femmes. C’est très impressionnant, et étonnamment apaisant.

2 commentaires

  1. Bravo Muriel pour ce compte rendu de voyages très coloré qui donne vraiment envie d’y aller !!

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